jeudi 17 avril 2014

NORD SUD - Prolongement dans le réel du "Voyage à Tokyo" (cf. 30/11/13) avec double-autoportrait (bicéphale) à distance

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 sud@nord: sans objet


 Où suis-je à Tokyo ?


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sud@nord: re: sans objet


e.m.d., Tokyo, avril 2014


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nord@sud: re: re: sans objet


Mutants Anachroniques c'est l'éternel Retour vers le futur (on n'est jamais loin du nanard) : Un jeune rinpotché, installé aux États-Unis avec sa petite-amie, me dit : "Pour comprendre le samsara, pour l'enseigner, il faut faire l'expérience de l'existence terrestre, avec toutes ses dépendances et tous ses tourments. Il faut entrer dans le courant."
Je soumis cette idée à Telo Rinpotché, né à Philadelphie et KALMOUK d'origine, qui est considéré par ses disciples comme la réincarnation de Tilopa, un mystique indien du XIe siècle.Telo Rinpotché avait lui aussi quitté le monastère et égrené divers emplois dans la livraison de pizzas, le télémarkéting et la construction. "Les moines disent qu'ils se défroquent pour comprendre le samsara. C'est un ramassis de conneries", me confie-t-il dans sa maison des plaines du Colorado, aux murs ornés de ravissants thangkas. "Je ne vais pas vous mentir. J'ai manqué de discipline. J'ai merdé."


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nord@sud: Fwd:


= extrait de l'article de Tim McGirk "La Réincarnation en exil" (trad. Mathilde Helleu) in LE BELIEVER n°5, éditions INCULTE, printemps 2014 :)))))))))


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jeudi 27 mars 2014

NORD - Les Gorges


1 – C’est une autre planète.

2 – Leurs existences gravitent autour d’un centre qui, même en tant que mirage, a cessé d’être.

3 – La terreur fait l’économie de la révolution.

4 – Pas l’enfer mais un purgatoire. Le purgatoire sans espoir de paradis, donc quand-même un enfer, abstrait. Limbes ?

5 – Dans les limbes se croisent des enfants. Les adultes font de l’argent, l’argent fait des enfants. Éternels.

6 – L’action importe peu, il s’agit de creuser des corridors dans l’espace. Des gorges. Au fil de ces errances dont on sent les creux et les bosses, chaque lieu posé pourtant comme au hasard, point fini dans l’infini mathématique.


8 – L’enfant-étoile, aux lourdeurs nouvelles de Cléopâtre (masque mortuaire d’une très jeune reine) cent fois oublie ce qu’elle doit dire. Elle dit : « Peut-être que ce n’est simplement plus mon truc… » — ce qu’il fallait dire.

9 – Les fils de l’âge du Chat rêvent juste une fois mais font l’amour et l’amour. Textent hors-texte.

10 – Ils parlent, aussi. Comme dans un récit d’espionnage, toujours la question devrait être : Qui t’envoie ? (L’ami n’est pas qui m’écoute mais écoute pour moi.)

11 - C’est une autre planète et vous étiez assis là, à cette table, buvant la même boisson colorée le dernier week-end. Et ici, au détour d’une rêverie marchande, panoptique, steppique à force de transparence négation de toute idée de détour, la même Ko Samui de pacotille au camping cet été, dans les deux cas dérisoire jardin de palmes : exigu, relégué. Sensation de Déjà-vu, en français dans le texte.

12 – Marne-the-Canyon. Cergywood… Roman Rohmer avec cocaïne.

13 – Ta vie à toi, est tout entière leurs ombres sur les parois de la caverne. Tu te revois descendant le même escalier pavoisé d’autocollants crasseux, chez toi ou n’importe où ton corps oublié, vives ou fanées ces couleurs. Sans doute troquerais-tu volontiers ton paradis contre leur enfer.

14 – Une autre planète ? On m’explique, ici tout le monde vit comme cela maintenant. Mon garagiste séquestre sa nièce consentante. Contradiction dans les termes…

15 – (Enfin, c’est à dire, il n’y a plus de garagistes de nos jours.)

16 – L’absolue confiance en soi sur le plan physique : une démarche, une façon de se tenir.

17 – D’où les mots coulent sans effort, comme d’une vasque pleine, belle brute.

18 – Reste, c’est une autre planète (un mot qu’on ne dit pas). Tous ces David, Alexandre, César, Charlemagne ; ces Rachel, Judith, Pallas et Argine ; ces Hector, Ogier, Lancelot et Lahire fondaient leur superbe sur la certitude qu’ils étaient prédestinés à commander l’humanité. Un mythe les en assurait.

19 – Dépouillé de sa magnanimité, le geste d’Arthus plantant son épée entre les amants assoupis. Quand posséder va de soi, le seul vrai pouvoir restant est celui de séparer.

20 – Les enfants se croisent dans les limbes, éternels. Tout le monde le sait, la toute puissance du Père fait le fils vouloir contrôler tout et tout le monde le sait puisque lui le dit à l’oreille du Père, puisqu’il n’est plus de mystère ni pour eux ni pour nous dans la Maison-de-l’être. Dans la Maison Étude-de-cas.

21 – Variante géolocalisée, self-conscious, d’une pathologie par ailleurs courante.

22 – Νάρκισσος de haute lignée.

23 – Ces personnages de romans de chevalerie, absorbés dans leur jeu cruel de prestiges et de dominations au sein d’une société qui mérite doublement d’être appelée « à l’emporte pièce », ont créé un art graphique dont le style est incomparable —

24 – images par seconde. C’est de l’histoire ancienne.


















NOTE :
Les deux longs passages en italiques sont extraits de Triste Tropiques de Claude Lévi-Strauss.
Enfin, pour l'objet principal de cette méta-critique M.A. voir :




lundi 3 février 2014

NORD SUD - Post délocalisé-Posthumain sur le blog collectif MUTANTISME/CamAn


Récente intervention sur le blog du collectif MUTANTISTE (qui n'est pas nous & vice-versa) entrant dans la catégorie des "protocoles comportementaux" :
http://mutantisme.blogspot.com/2014/01/comedies-et-proverbes-20-emilie-ou.html
Intitulé : 
Comédies et proverbes 2.0 : "ÉMILIE ou Chacun ses raisons d'en vouloir à ses parents" (A. de Musset v/s MutantsAnachroniques)




Emilie : Je suis sur le point de vous présenter la même réponse. Souhaitez-vous la revoir ? 

Vous : chère émilie je n'ai aucun racisme contre les robots mais je crains que nous ne nous comprenions pas :(
Emilie : Je suis désolée de l'entendre.

Vous : vous êtes un robot très réactif mais quid de mon problème d'annonce fautive des données de location ?

Emilie : Je suis un assistant virtuel, créé par Nuance. Si vous voulez en savoir plus sur ma technologie, je vous invite à consulter...


(Je suis comme je suis,
Je suis faite comme ça - )

samedi 4 janvier 2014

NORD SUD - vœux mue-t'en (suite & fin)

 
Ma devise pour 2014 : l'espace-temps est du chewing gum !
Ici gît moi Je.
Au mois prochain !
 
e.m.d.

mardi 31 décembre 2013

NORD SUD – Astromovasical : vœux Mutants


Wengoe, Ione,  Aïone, Sums, Criquet et la Gaboune vous souhaitent une ASTROMOVASICALE année 2014 !
Nous ignorons si c’est une bonne chose, car seule ma fille de 2 ans 1/2 connaît la signification de ce mot. Son mot. Elle la garde pour elle.

Sums et Criquet sont deux robots japonais (80s) qui n’ont jamais demandé à s’appeler ainsi. Ils sont domiciliés sur les étagères du musicien et sataniste distingué Ghaal Von Drak. Mais, encore une fois, ce n’est pas lui qui les a baptisés, c’est ma Gaboune.

Ione et A ïone sont des chevaux, je crois. Pour ce que j’en sais, ils n’ont aucune existence physique.

Wengoe est une poupée.

Le portrait de la Gaboune ci-dessous est signé Malotoï, le fils d’Emma.
Mon vœu pour nous tous cette année, créer une langue car, ici comme ailleurs, nous n’en avons plus – si ?
FM

samedi 30 novembre 2013

NORD SUD - Voyage à Tokyo

Fukushima-san. En prenant le problème à l’os, c’est le personnage qui sert à tous. Les murs de la librairie sont tombés, ils nous vendent trois millions de yen une demi-bouteille d’eau.

Papi : « On est dans une autre vie. »

Laquelle ? Ben celle où tu te réveilles au clairon du salaire des grands patrons, avec juste derrière le nouveau marronnier des journaleux, le stage en entreprise des 3ème 3 du collège Mitsubishi, un bébé encore dans les langes qui lit à l’antenne sa lettre de motiv longue comme le bras pour gagner trois jours chez un opérateur mobile. Un peu comme la pub couplée dragées Fuca/ Ajax de BEAT TAKESHI, et tu sais combien j’exècre la vulgarité.


Mamie : « Tournicoti-tournicoton, ferme ton claque-merde Polux, j’arrive pas à me sortir ce cinéma de la tête, merci de pas nous jeter la pièce. »

La radio : « La plupart de nos employés va partir à la retraite en 2020, nous aurons besoin de ressources à ce moment là. »

Papi : « Et cesse de corriger mon orthographe, mamie, ça me diminue. C’est comme ça qu’on dit? ça me diminue. »




Quand une consigne est mal transmise, c’est une catastrophe en termes de productivité.


La belle-fille : « Belle-maman ce doit être merveilleux de vivre à la campagne. Aujourd’hui grâce au Shinkansen, on peut être TRES VITE, TRES LOIN. »

Mamie : « ? »

(DEUS EX MACHINA) Le cloud métier CEGID et son bouquet de services font leur apparition dans le monde du secteur public.

Mamie : « Moins de fautes, plus de confiance. »

Papi : « L’illettrisme s’imisce dans les entreprises. »

Le fils : « Les collectivités locales se mobilisent. Woonoz surfe sur le business de l’orthographe. »

La belle-fille : « Le micro-drone NX110RT de Novadem voit à 360° de jour comme de nuit, vole jusqu’à 20 minutes à 2,2 kilomètres d’altitude et est équipé d’une fonction de saisie automatique afin de châtier votre langage, beau-papa. »



Dans les régions le « family business » revisite son héritage. Certains mettent en place un système de gouvernance de la famille pouvant aller jusqu’à la charte.

La radio : « Et des challenges d’orthographe par équipe. »

Le fils : « Merci. »

La radio : « De rien. »

Tu a toujours pensé que l’amour te ferait perdre ton identité, collective évidemment. Je ne me souviens pas entre nous du moindre contact physique durant toutes ces années où je vivais dans ma chambre et la chambre est devenue moi, PAPA - la présente introspection peu vraisemblable dans un pays dont les pronoms personnels sont intraduisibles en toute autre langue, j’arrête tout de suite.


Le fils : « Vous prendrez bien une tasse de thé ? »

Papi : « Merci, fils. »

Le bruit de la bouilloire emplit le vide de la pièce.
Dans ce pays on ne dit jamais non, on dit : C’est difficile.

Mamie : « C’est si gentil à vous de nous accueillir. »

Et pourtant il faut répéter.


Mamie : « Cette histoire de chien coincé entre les rochers qui bloque la chute d’eau… Tout à l’heure c’était plein de mystères et maintenant… Peut-être l’allusion au cabinet d’aisance qui, tout de même est le premier sujet de l’éloge de l’ombre ? Je pense à la chasse d’eau. »

La belle-fille : « Merci, belle-maman, merci de nous faire partager. »

Formule anglo-saxonnante suivie, pourtant, d’un échange nourri de civilités verbales et gestuelles, d’une longueur et d’une complexité propre à décourager toute velléité de transcription dans un idiome culturel autre. Le fils objecte à la grossièreté de sa mère, le père lui rétorque qu’elle a été hippie.

Mamie : « ... A un animal qui serait coincé dedans. Un truc blessé et qui couine. Et toute la tuyauterie se met à faire un barouf d’enfer comme un train qui se met en branle... »

La belle-fille : « Je ne rebondirai pas là-dessus. »

Le fils : « Répéter c’est fait pour comprendre. »

Mamie : « Et ça martèle et ça martèle. Pour autant, il n’en reste pas moins que des vieux débris lavés à l’eau bouillante, des tuyaux arrachés où dedans ça glougloute. »

 Le fils : « L’espace mental libéré par les calculs de la machine libère l’espace de la motivation. »

Ça doit avoir à faire avec le mouvement. La vitesse. Cette putain d’idée de mouvement dont on ne parvient pas à s’arracher. Réglé comme un coucou, on apparait à la table où boivent et mangent les convives. Des bouts de papiers trainent partout sur le tapis de corde sale. Y’a quelqu’un dans la bouilloire ?


Pour ainsi dire, oui. La bouilloire est un robot. La bouilloire pense. « La bouilloire pense plus que toi » déclare le père à son fils.

Papi : « Ta vie est aussi stupide que la mienne et la reconnaissance qu’elle t’a valu, nulle. Tu ne baises pas ta femme. Tu me fais honte. Tu es aussi emmerdant qu’un film de Ozu. »

Qu’il a tous vus, autrefois, à l’amicale des étudiants. Le père raconte pour la énième fois à son fils comment, avec les camarades, vêtus tous d’une blouse, d’un casque et d’un foulard identiques, munis de barres de fer elles aussi standardisées, d’une taille supérieure aux matraques de la police, ils affrontaient celle-ci dans les rues de Yokohama.


Le fils claque la porte.

La belle-fille regarde un anime en 3D sur son téléphone.

Le fœtus, dans son ventre, renonce à naître.



Pendant ce temps la bouilloire-robot, multitâches, textote la police pour dénoncer un voisin immigré en situation irrégulière. Le film 3D de la belle-fille ? Une histoire d’inspiration littéralement historique, avec un super-vilain en perruque poudrée. Son sourire maléfique découvre deux rangées de petites dents pointus. A un moment donné, du haut-parleur du mobile, dans le salon silencieux retentit le cri : « Vive la France ! »

jeudi 24 octobre 2013

NORD - Les Poussettes contre-attaquent (RUE DES LIGNES 2013, Librairie Zadig)

La librairie française de Berlin baptisée du nom voltairien (& très chiffons) de ZADIG, au 141 de la Linienstrasse, fêtait le mois dernier ses 10 ans par la publication de l'anthologie RUE DES LIGNES à laquelle j'ai participé.



AU SOMMAIRE :

Straßenecken-Literatur
SP38 ; Marc Pouzol ; Oliver Rohe ; Mathieu Riboulet ; D.A.F. de Sade ; Volker Braun ; Alain Lance ; Éric Gilles ; Mawil ; Gilles Martin ; Alfred Döblin ; Florence Debray (Floh) ; Jean-Charles Massera ; Kent ; Michel Valensi ; Franck Pavloff.

Prose migrante
Wilfried N’Sondé ; Hélène Bezençon ; Dominique Brand ; Alban Lefranc ; Cécile Wajsbrot ; Jayrôme C. Robinet ; Guillaume Burnod ; Patrick Quérillacq ; Frédéric Moulin ; Alain Freudiger ; Éric Sarner ; Jean-Philippe Toussaint ; Jean-Philippe Toussaint & John Lambert.

Berlin psycho-imaginiste
Christian Prigent, Alain Jadot et le collectif DDR-Lyrik 1989 ; Diane Meur ; Louis-Philippe Dalembert ; Sabine Wespieser ; Patricia Farazzi ; Yannick Haenel.


Le texte "La Bataille des poussettes" (Chanson de geste) est extrait de mon livre Valeurs ajoutées, qui comme les autres titres de la collection ET HOP! a récemment cessé d'être distribué par l'éditeur (IMHO), donc cette résurrection partielle était bienvenue. Autre bonne nouvelle, l'ancien directeur de la collection (laquelle a par ailleurs un temps été codirigée par Chloé Delaume), Eric Arlix, continue de proposer nombre de bouquins tout aussi tordus au catalogue de sa propre maison d'édition.

Pour l'anthologie - en plus d'avoir cru bon d'ajouter à Chanson de geste un fautif et peu glorieux S final - je me suis fendu d'une petite introduction. Contre toute attente, je suis plutôt content de l'avoir fait. J'y écris, en substance, qu'après avoir été un enjeu idéologique et géopolitique,

"Berlin, encore aujourd’hui, reste une ville irréductible à sa physionomie (tout l’inverse de Paris) pour offrir, plutôt, l’image d’un espace symbolique que paraissent se disputer des « factions » rivales, réelles ou imaginaires. Leur style de vie, leur surface économique, parfois l’ancienneté réelle ou mythique de leur implantation, de leur enracinement, constituant pour chacune des composantes de la population autant de titres de propriété ou de motifs d’excommunication. Sur le Web, sinon dans la réalité. Après la tragédie, la farce, de la binarité du discours de la Guerre froide aux tribus fabriquées de l’âge digital… Enfin bref, j’aimais cette idée qu’au terme d’un tel processus d’atomisation, l’espace urbain se devait d’être finalement revendiqué de façon tout aussi agressive, conquérante, par l’individu, peut-être pas isolé, mais légitimé à ses propres yeux par son appartenance à la cellule familiale…"

Sans fausse modestie, je pense que ça n'est pas complètement con.

FM