"Comme dans un feuilleton brésilien, le premier qui meurt réveille l'autre."
lundi 15 avril 2013
NORD - "Anomalies INCOVAR" in La Passe n° 17
De nouveau un court texte de FM dans LA PASSE, numéro 17 : une "passe" justement, expérimentation collective initiée par Tristan Félix, disciple de Kantor et des frères Quay qui co-dirige la revue avec le flegmatique Philippe Blondeau.
Il nous tient à cœur d'ajouter que ce numéro, par ailleurs placé sous le signe de la poésie roumaine, renferme une véritable gemme signée de notre très jeune mais scandaleusement doué ami et "protégé" (comme s'il en avait besoin !) Alexandre Nicolas-André : Les Statues.
fm+emd
Points de vente : Galerie-éditions L. Mauguin (75005), Librairie Compagnie (75005), La Hune (75006), L'Ecume des Pages (75006), Le Flâneur des 2 Rives (75006), Le Monte-en-l'Air (75020), Librairie Publico (75011), Lady Long Solo (75011), Halle Saint-Pierre (75018), Librairie Anima (75018), Librairie Le Rideau Rouge (75018), La Lucarne des Ecrivains (75019), Le Merle Moqueur (75019), Librairie du Labyrinthe (Amiens).
jeudi 21 mars 2013
NORD – Expo « Bowie Is » au Victoria & Albert Museum : Chronic’art / La Vie sur 5
Et donc voici le LIEN VERS MON ARTICLE,
plusieurs fois différé et repris, fin janvier, pour intégrer l’actu galopante
du Blitzkrieg médiatique bowien :
MAKING OF :
Merci à Emma de m’avoir
éclairé sur la signification du titre et la pochette du dernier Bowie. Puisque We Can Be Heroes juste une journée,
m’a-t-elle rappelé, eh ben The Next Day
on se retrouve comme des cons.
Aussi lorsque, après le
succès PLANÉTAIRE de mon roman Valeursajoutées, j’ai entrepris, à l’été 2012, d’écrire sur Bowie, mon état
d’esprit était-il celui qui, d’après l’intéressé, présida à la création Low : “Let’s just pull down the blinds and fuck
‘em all…” Comment prévoir que
seulement quelques mois plus tard, l’univers entier allait se jeter sur mon
« sujet d’étude » à la manière d’une harde de zombies affamés ?
Cette semaine Bowie et son
retour surprise sont dans le Figaro Madame. C’est dire. L’album The Next Day est sorti le 11 mars. Mais le top-départ de ce revival
inattendu avait été donné dès novembre, avec l’annonce de l’expo David Bowie Is
au Victoria & Albert Museum. Immédiatement, ou presque, je me suis vu
offrir l’opportunité d’écrire un papier sur cet événement follement
événementiel, pour un site animé par le docteur es hype Thierry Théolier et dépendant de Chronic’art.
"Et voilà", en français dans le texte...
Incidemment, l’expo débute ce
samedi, 23 mars.
lundi 18 février 2013
NORD - avec Olive Oï - Essai de paysage narratif (Hérouville 1976 : "un Bowie français")
Le metteur en scène avait été choisi pour sa stabilité asymétrique, sa capacité à générer des idées tangentielles. Sous ses doigts voltigeaient des figures bariolées, pittoresques, des hiéroglyphes symboliques et des diagrammes spectraux : la science magique des nombres - magie sympathique reproduisant avec minutie des systèmes d'accidents non visibles habituellement.
Les yeux rouges s'allumaient et la voix impassible annonçait : "Deutschland - eeee - oooo -, etc. Le rayonnement bleu comme une bombe.
Les articles, on les a tous lus (Where Are We Now?). Extrapolez, ça n'est pas difficile, et s'anime le musée de cire, redevenu de saison. Vous avez l'artiste glacé, prince d'Aquitaine à la Tour abolie. Cette carte stupéfiante de tous temps présenta un aspect bizarre. Son visage tellement blanchâtre tandis qu'il écoutait grincer rangées de dents aiguës ou poutres au plafond du studio... Vous avez ensuite, acteur à part entière, le studio lui-même, gentilhommière reconvertie : "le château".
Un vrombissement grandit, puis vous dépasse lentement, d'abord bruit blanc, comme né d'un pan de fumée. Un grésillement parcourt le câble, un crissement de cellophane, monumental bruissement de neige rugueuse. La masse sonore module en do, puis fa dièse majeur, se résolvant pour finir en une succession d'instantanés scintillants qu'on dira jetés en vrac sur un vieux clavier de plastique bleu déniché près de Brandenburger Tor pour quelques Pfennigs, une machine à écrire pour enfants.
(Bien sûr la vue de la Porte était alors encore obstruée par le Mur, et, à quelques semaines près, le temps n'était pas encore tout à fait venu où la Nouvelle École de Prétention allait partir se ressourcer à Berlin sous un ciel ordinaire.)
Une grande
fenêtre panoramique qu’empourprait une brume ardente. D’étranges fragments de
mer se mêlaient au jaune des parois. De la vitre à la console d’enregistrement
il y avait huit pas. Cinq ou six petites tables roulantes, des fauteuils
ratatinés. Toutes sortes de saloperies. Peut-être l'éclat des phares, la route n'est pas loin, vient-il de temps en temps se réfléchir sur trois micros. Des livres, un océan de papiers
couverts de caractères manuscrits tapissaient le sol. Un baragouin guttural gravé sur vingt-deux lames d'or. Le romantisme de la poussière. Iggy, ramassé sur lui-même. Puis bondissant en tous sens. S'étirant, espiègle : l'impression
d'observer un train électrique.
(...)
Dans la tiède clarté d'un soleil orangé, des brumes rousses planent au
dessus du château d'Hérouville. Lugubre, David risque un œil par la fente du rideau, incommodé par la chaleur naissante d'un nouveau jour caniculaire, puis murmure solennel : "Maudit soit ce trou infernal !"
--- Parce qu'il y a un rond-point, parce qu'il y a une rue, parce que ça penche et parce que nous sommes en France.
jeudi 31 janvier 2013
SUD - Les taches
Le hanneton est fini. Pris en étau, c’est la fin du voyage
pour l’horrible mascotte mordorée de l’entomologiste.
Pourtant ils ont l’air bien inoffensif les deux petits cochons ailés avec leurs
queues minuscules et leurs oreilles de lapin. Leur groin trompette l’assaut, Kajagoogoo
pop Bontempi pour la victoire. Deux gros nazes à la récré. Deux gros méchants
qui se tapent le faiblard, le timide, le sans défense. La question qui subsiste
quand on regarde la mêlée c’est à qui appartiennent les pattounettes crochues
au devant du plaquage. Ou alors c’est un trip scato, les trois éclatés au sol
qui poussent leur petite crotte en vagissant de bonheur. Baston caca stade anal
maternelle moyenne section avec les deux attardés de troisième qui singent ah,
l’orgasme groin tendu. Tous les trois des mecs. Aucune fille ne joue à ça. A la
rigueur elle le fait pour de vrai. C’est une scène pour du beurre avec des gens
dûment bités qui ne peuvent poser qu’un regard dégueulasse sur ce qu’ils sont
en train de jouir au lieu d’en profiter. Mâle mal, pas de blâme, tu es né comme
ça petit hanneton. Tu te serais appelé Anne qu’ils t’auraient pas traité
autrement. Ici, on hésite sur le sexe du mort.
Des bouts rouges se détachent. Poursuite de l’histoire. Une suite de planches n’est-elle pas une BD ? Les groins sectionnés font sacrifice sur la toile. Carmin sur blanc. Les cochons transmués rhinocéros, dedans digèrent la masse hannetonneuse et la conchie par-dessous. De comment deux cochons ailés peuvent muter rhinos unicornes en bouffant du hanneton, le scénariste n’a pas laissé un seul indice. Mais alors ça saigne. Mais propre. Mais jugulé art abstrait. Tous joyeux ils dansent se tenant par la corne mais – toujours ces connecteurs logiques – l’anophèle au centre laissé par le trou vivant du hanneton écarte les ailes et fait place à deux négresses qui font leur tambouille dans un bassin humain en fredonnant un chant lénifiant de croches rouges. De l’esprit du papillon surgit l’Afrique, joli comme un nœud – papillon bien entendu – au-dessus du chaudron anthropophage. Pour finir les pilleuses de mil sont transgenre. Leurs seins proéminents assortis au bec de leur bite entre leurs genoux. Trop de bouts dépassent en regard du Grand Catalogue de la Norme.
C’est là que déboule ce gros machin qui ne sert à rien chaussé de bottes importables. Des sept lieues au bas mot mais terminées par des talons aiguille qui l'empêchent d’aller vite quand il veut s’enfuir. Du coup il se fait toujours choper et ramener à la case départ. Ses grosses jambes affublées de choses qui - ni pinces, ni bras - ne lui permettent d’embrasser, de tenir. Pour ça que le dehors il peut pas. Il git là, éclaté comme un planisphère transmué sous-main, moins décoratif qu’un nécessaire de bureau. Caché. Dessous. Pas là. Cou tranché, une tête de femelle dragon dépasse d’entre ses cuisses.
Arrive alors cette petite chose, la toute petite. La plus petite de toute, hérissée d’antennes de velours, poudrée, fragile, juste en-dessous du papillon cardiaque des négresses qui ont suspendu leur foie. Serrée sur elle-même, folle énergie mutique au-dessous du chant nègre qui tambouille son millet dans la cuvette en bassin d’homme. Les flèches vont vers mais trop compacte, elle reste. Ses ailes sont désarticulées, des ailes pour faire joli qui ne servent à rien. Une éphémère qui n’arriverait à rien, même pas à survivre à sa seule journée. A l’arrivée au port surmontée d’un phare ou d’une église. La croix bien flippante au-dessus de l’eau. Deux presque îles donnent sur l’étendue de la mer. On entre au port par le chenal creusé entre elles.
Les filles de la figure 3 tentent de s’embrasser mais, trop loin, le baiser n’advient pas. Deux harpies. Inquiétantes. Un crâne de brebis, une chauve-souris, un papillon d’été maintiennent à l’écart deux petites panthères en équilibre.
- Est-ce cela que je suis ?
Des bouts rouges se détachent. Poursuite de l’histoire. Une suite de planches n’est-elle pas une BD ? Les groins sectionnés font sacrifice sur la toile. Carmin sur blanc. Les cochons transmués rhinocéros, dedans digèrent la masse hannetonneuse et la conchie par-dessous. De comment deux cochons ailés peuvent muter rhinos unicornes en bouffant du hanneton, le scénariste n’a pas laissé un seul indice. Mais alors ça saigne. Mais propre. Mais jugulé art abstrait. Tous joyeux ils dansent se tenant par la corne mais – toujours ces connecteurs logiques – l’anophèle au centre laissé par le trou vivant du hanneton écarte les ailes et fait place à deux négresses qui font leur tambouille dans un bassin humain en fredonnant un chant lénifiant de croches rouges. De l’esprit du papillon surgit l’Afrique, joli comme un nœud – papillon bien entendu – au-dessus du chaudron anthropophage. Pour finir les pilleuses de mil sont transgenre. Leurs seins proéminents assortis au bec de leur bite entre leurs genoux. Trop de bouts dépassent en regard du Grand Catalogue de la Norme.
C’est là que déboule ce gros machin qui ne sert à rien chaussé de bottes importables. Des sept lieues au bas mot mais terminées par des talons aiguille qui l'empêchent d’aller vite quand il veut s’enfuir. Du coup il se fait toujours choper et ramener à la case départ. Ses grosses jambes affublées de choses qui - ni pinces, ni bras - ne lui permettent d’embrasser, de tenir. Pour ça que le dehors il peut pas. Il git là, éclaté comme un planisphère transmué sous-main, moins décoratif qu’un nécessaire de bureau. Caché. Dessous. Pas là. Cou tranché, une tête de femelle dragon dépasse d’entre ses cuisses.
Arrive alors cette petite chose, la toute petite. La plus petite de toute, hérissée d’antennes de velours, poudrée, fragile, juste en-dessous du papillon cardiaque des négresses qui ont suspendu leur foie. Serrée sur elle-même, folle énergie mutique au-dessous du chant nègre qui tambouille son millet dans la cuvette en bassin d’homme. Les flèches vont vers mais trop compacte, elle reste. Ses ailes sont désarticulées, des ailes pour faire joli qui ne servent à rien. Une éphémère qui n’arriverait à rien, même pas à survivre à sa seule journée. A l’arrivée au port surmontée d’un phare ou d’une église. La croix bien flippante au-dessus de l’eau. Deux presque îles donnent sur l’étendue de la mer. On entre au port par le chenal creusé entre elles.
Les filles de la figure 3 tentent de s’embrasser mais, trop loin, le baiser n’advient pas. Deux harpies. Inquiétantes. Un crâne de brebis, une chauve-souris, un papillon d’été maintiennent à l’écart deux petites panthères en équilibre.
L’ensemble prend feu. De la fusion des éléments après
crémation surgissent deux acariens aux membres velus.
Vous êtes dans cette salle blanche et je vous parle. Vous m’écoutez.
Vos cris oblitérés par le passage systématique de la censure à l'étage supérieur. Arrivés en haut, ils ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes,
déformés, trahis comme au bout de la chaîne d’une longue rumeur. Vous avez
intégré depuis longtemps votre propre police. Le réel en est déformé par le
filtre de ses bureaux. Censure. Réécriture, oblitération. Vous êtes muets. Vous
êtes borborygmes.
Vérifications. Querelles des petits chefs. Le
millefeuille du système, l’impitoyable
compresseur qu’est le s------:)))
lundi 31 décembre 2012
NORD - notre seul "Best Of" 2012 (Everything is Less Than Zero) : graffiti
Quand
était-ce ? Après une énième déclaration d'intention des uns ou des autres ?
Quelque nouvelle esquisse de protocole ? Toujours est-il qu'au centre d'un des
écrans publicitaires HD enchaînant leurs aguicheuses boucles filmiques
scintillantes sur toute la longueur du couloir de correspondance entre les
lignes 9 et 14 du métro (Saint-Augustin/Saint-Lazare) j'ai découvert un matin,
barbouillée à la peinture noire, une cible que désignait une flèche. Légende :
« Faites
un geste pour l’environnement,
donnez un coup de masse LÀ --- »
jeudi 29 novembre 2012
We R the World mix (1985-1991-2003)
VOICI venu le temps (LIONEL RICHIE) où nous répondons à un certain appel - préférant (comme le suggère WARDEN) aux attaques directes contre les civils, les cibles "duales" que constituent les infrastructures sociétales, nécessaires à la vie urbaine - où le monde doit se rassembler (STEVIE WONDER & LIONEL RICHIE) pour ne plus faire qu'un - "Full Spectrum Dominance" garantie (?) par des techniques de surveillance précises et automatisées - (STEVIE WONDER) IL Y A DES GENS QUI MEURENT – oui bon, seulement 3000 civils (d'après KENNETH RIZER dans le journal officiel de l'Air Force ) lors des frappes chirurgicales de 1991, soit le plus petit nombre de victimes liés à une grande campagne de bombardement dans toute l'histoire de la guerre - et il est temps (PAUL SIMON) de prêter main forte à LA VIE - pour le 11 septembre on donne le chiffre, précis, de 2977 vies américaines - (PAUL SIMON & KENNY ROGERS) le bien le plus précieux qui soit ---
(KENNY ROGERS) NOUS ne pouvons feindre jour après jour de croire - comme lors de l'opération Tempête du désert, avec le quasi anéantissement de la production électrique irakienne - (JAMES INGRAM) que quelqu'un, d'une façon ou d'une autre, changera les choses - "Vos lumières se rallumeront (avait claironné DAVID DEPTULA) dès que vous vous serez débarrassés de Saddam !" - (TINA TURNER) nous appartenons tous à LA GRANDE FAMILLE DIVINE - dépendant de réseau d'eau et d’égouts au fonctionnement assuré par des stations de pompage électriques - et vous savez, en vérité (BILLY JOEL) - nonobstant le fait que la plupart des outils ou fournitures nécessaires à l’hypothétique remise en marche des infrastructures tombaient en leur qualité d’objets « duaux » sous le coup des sanctions onusiennes - (TINA TURNER & BILLY JOEL) L'AMOUR est tout ce dont nous avons besoin ---
Envoyez-leur votre cœur (DIONNE WARWICK) pour leur montrer qu'on se soucie d'eux - particulièrement de leur image - (D. WARWICK & WILLIE NELSON) et leurs vies en seront renforcées, libres – certains Irakiens entreprenants ont percé des canalisations et des conduites d’égout proches de leur maison pour pallier au manque d’eau potable - (WILLIE NELSON) comme DIEU NOUS L'A MONTRé en changeant les pierres en pains - pour changer cadavres et ruines en feux d'artifice bénins, changez de chaîne - aussi devons-nous tous (AL JARREAU) tendre une main secourable - comme l'US Army l'a montré en mettant en charpie les bureaux de AL JAZEERA (avril 2003).
Quand vous êtes à la dérive (MICHAEL), il semble ne rester nul espoir - doctrine "Choc et effroi" - (HUEY LEWIS) mais si vous pensez simplement qu'il n'y a pour nous aucun risque de perdre pied - aussi longtemps que la modernisation sera conçue comme un processus d'expansion économique unitaire et unidirectionnel - AHAHAH, eh bien (CYNDI LAUPER) réalisons qu'un réel changement ne pourra venir - sous peine d'une inversion brutale, démodernisation punitive destinée à provoquer chez les populations urbaines des traumas psychologiques de type post-nucléaire - (KIM CARNES) qu'en nous (LEWIS & LAUPER & CARNES) dressant tous ensemble pour NE PLUS FAIRE QU'UN - retard et révolte désormais explicables uniquement en termes de déviance et de pathologie.
[Refrain] (EV-ERY-BO-DY!!!!) NOUS sommes le monde, nous sommes les enfants - absence de lumière, arrêt des moyens de conservation par le froid, matériel médical électronique inutilisable, interruption de l'alimentation en eau des systèmes sanitaires et de traitement des déchets, etc. (effets de premier ordre) - nous sommes porteurs de plus beaux lendemains - effritement des capacités de communication de l'ennemi et besoin accru d'un matériel spécifique, générateurs, batteries, dispositifs de vision nocturne - alors commençons à donner - pour l'ensemble de la société pénurie d'eau pour boire, cuisiner, se laver, problèmes d'hygiène (effets de deuxième ordre) - c'est un choix que nous faisons (BOB DYLAN) - provoquant problèmes de logistique, mobilité réduite, moindre appréhension de la situation en temps réel - ce sont NOS PROPRES VIES que nous sauvons - accroissement du nombre de maladies, malnutrition, réquisitions forcées (effets de troisième ordre) - oui vraiment nous rendrons les lendemains meilleurs, juste vous et moi - faisant peser sur les dirigeants politiques du pays ennemi une pression insupportable du fait de l'exaspération et du désespoir de la population :
Post-scriptum et références (USA for Middle-East) : j'ai puisé les citations de l'article de Kenneth Rizer (2001) dans un ouvrage de Stephen Graham paru en français sous le titre Villes sous contrôle - la militarisation de l'espace urbain. Celui-ci, on s'en doute, est déjà assez polémique. Les cercles de la guerre systémique (ou infrastructurelle) ont été définis par Warden puis Felker (le "seigneur des anneaux"!) pour orienter la future stratégie américaine. Pour ma part les concepts de "pertes collatérales" voire "dégâts collatéraux" m'ont toujours plongé dans des abîmes de perplexité. L'idée de responsabilité est martelée d'un bout à l'autre de la chanson "We Are The World" et, en dehors de l'ironie évidente, c'est cela qui m'a intéressé ici.
(KENNY ROGERS) NOUS ne pouvons feindre jour après jour de croire - comme lors de l'opération Tempête du désert, avec le quasi anéantissement de la production électrique irakienne - (JAMES INGRAM) que quelqu'un, d'une façon ou d'une autre, changera les choses - "Vos lumières se rallumeront (avait claironné DAVID DEPTULA) dès que vous vous serez débarrassés de Saddam !" - (TINA TURNER) nous appartenons tous à LA GRANDE FAMILLE DIVINE - dépendant de réseau d'eau et d’égouts au fonctionnement assuré par des stations de pompage électriques - et vous savez, en vérité (BILLY JOEL) - nonobstant le fait que la plupart des outils ou fournitures nécessaires à l’hypothétique remise en marche des infrastructures tombaient en leur qualité d’objets « duaux » sous le coup des sanctions onusiennes - (TINA TURNER & BILLY JOEL) L'AMOUR est tout ce dont nous avons besoin ---
[Refrain]
(MICHAEL) NOUS sommes le MONDE, nous sommes LES ENFANTS - avec une honnêteté qui l'honore, RIZER reconnaît un doublement des taux de mortalité infantile - nous sommes porteurs de plus beaux lendemains - l'Unicef parlera d'une multiplication par six entre 90 et 98 - alors COMMENÇONS A DONNER - la démocratie, ça c'est un beau cadeau - (DIANA ROSS) C'EST UN CHOIX QUE NOUS FAISONS - une note du dpt. de la Défense ayant anticipé dès le début de l'année 91 des pénuries massives d'eau et de nourriture, l'effondrement de la médecine préventive, une incapacité à traiter les déchets, d'où découleraient bientôt des épidémies : choléra, méningite, typhoïde - ce sont nos propres vies que nous sauvons - et préserverons d'autant mieux lorsque robots et drones auront achevé de remplacer nos petits gars - (MICHAEL & DIANA) oui vraiment nous rendrons les lendemains meilleurs - par l'identification des menaces potentielles, le quadrillage de l'espace urbain, foyer d'instabilité, des frappes préventives décidées et mises en œuvre par le biais de procédures automatisées - juste vous et moi - les méchants, c'est pas nous (chantait RENAUD SECHAN).Envoyez-leur votre cœur (DIONNE WARWICK) pour leur montrer qu'on se soucie d'eux - particulièrement de leur image - (D. WARWICK & WILLIE NELSON) et leurs vies en seront renforcées, libres – certains Irakiens entreprenants ont percé des canalisations et des conduites d’égout proches de leur maison pour pallier au manque d’eau potable - (WILLIE NELSON) comme DIEU NOUS L'A MONTRé en changeant les pierres en pains - pour changer cadavres et ruines en feux d'artifice bénins, changez de chaîne - aussi devons-nous tous (AL JARREAU) tendre une main secourable - comme l'US Army l'a montré en mettant en charpie les bureaux de AL JAZEERA (avril 2003).
[Refrain]
Durant la Seconde Guerre mondiale l'âge moyen des combattants (US) était de 26 ans - (BRUCE SPRINGSTEEN) NOUS SOMMES LE MONDE (US), nous sommes les enfants - au Viet-Nam, 19 - nous sommes porteurs (KENNY LOGGINS) de plus beaux lendemains - les recrues d'aujourd'hui commencent leur formation dès 7 ans - alors commençons à donner - aux concepteurs de jeux, bien sûr - (STEVE PERRY) c'est un choix que nous faisons - dans la ville simulée, aux décors orientalisants - ce sont nos propres vies que nous sauvons - élimination à distance de leaders avérés ou potentiels - (DARYL HALL) oui vraiment nous rendrons les lendemains meilleurs - assis dans une caravane sur une base de l'Air Force en Floride - juste vous et moi (US). Quand vous êtes à la dérive (MICHAEL), il semble ne rester nul espoir - doctrine "Choc et effroi" - (HUEY LEWIS) mais si vous pensez simplement qu'il n'y a pour nous aucun risque de perdre pied - aussi longtemps que la modernisation sera conçue comme un processus d'expansion économique unitaire et unidirectionnel - AHAHAH, eh bien (CYNDI LAUPER) réalisons qu'un réel changement ne pourra venir - sous peine d'une inversion brutale, démodernisation punitive destinée à provoquer chez les populations urbaines des traumas psychologiques de type post-nucléaire - (KIM CARNES) qu'en nous (LEWIS & LAUPER & CARNES) dressant tous ensemble pour NE PLUS FAIRE QU'UN - retard et révolte désormais explicables uniquement en termes de déviance et de pathologie.
[Refrain] (EV-ERY-BO-DY!!!!) NOUS sommes le monde, nous sommes les enfants - absence de lumière, arrêt des moyens de conservation par le froid, matériel médical électronique inutilisable, interruption de l'alimentation en eau des systèmes sanitaires et de traitement des déchets, etc. (effets de premier ordre) - nous sommes porteurs de plus beaux lendemains - effritement des capacités de communication de l'ennemi et besoin accru d'un matériel spécifique, générateurs, batteries, dispositifs de vision nocturne - alors commençons à donner - pour l'ensemble de la société pénurie d'eau pour boire, cuisiner, se laver, problèmes d'hygiène (effets de deuxième ordre) - c'est un choix que nous faisons (BOB DYLAN) - provoquant problèmes de logistique, mobilité réduite, moindre appréhension de la situation en temps réel - ce sont NOS PROPRES VIES que nous sauvons - accroissement du nombre de maladies, malnutrition, réquisitions forcées (effets de troisième ordre) - oui vraiment nous rendrons les lendemains meilleurs, juste vous et moi - faisant peser sur les dirigeants politiques du pays ennemi une pression insupportable du fait de l'exaspération et du désespoir de la population :
[Refrain-bis]
RIZER toujours honnête évalue à 100 000 le nombre de civils irakiens morts par suite des épidémies (choléra, typhoïde, gastro-entérite aigüe) consécutives à la guerre du Golfe et à plus d'une décennie de sanctions économiques - (RAY CHARLES : "ALLEZ! ENCORE UNE FOIS!") - nous sommes le monde, nous sommes les enfants (re-EVERYBODY) - la légalité de ces destructions étant pour lui dès l'origine "très largement une question d'interprétation" - nous sommes porteurs de plus beaux lendemains - poursuit-il en substance : comment l'Air Force peut-elle espérer saper le moral des population sans chercher à tuer ou blesser ? - alors commençons à donner - des leçons de morale, des leçons d'humanité - (re-RAY CHARLES) c'est un choix que nous faisons - continuer à revendiquer le droit d'attaquer des cibles "duales" ----- [Refrain-ter (STEVIE WONDER & BRUCE SPRINGSTEEN) et bis-repetita] ----- nous sommes le monde, nous sommes les enfants - nous sommes porteurs de plus beaux lendemains - alors commençons à donner - c'est un choix que nous faisons - ce sont nos propres vies que nous sauvons – appelons ça la "guerre à la Terreur" - oui vraiment nous rendrons les lendemains meilleurs - pour eux comme pour nous - juste vous et moi - et puis d'ailleurs, SAVENT-ILS MÊME QUE C’EST NOËL ???
Post-scriptum et références (USA for Middle-East) : j'ai puisé les citations de l'article de Kenneth Rizer (2001) dans un ouvrage de Stephen Graham paru en français sous le titre Villes sous contrôle - la militarisation de l'espace urbain. Celui-ci, on s'en doute, est déjà assez polémique. Les cercles de la guerre systémique (ou infrastructurelle) ont été définis par Warden puis Felker (le "seigneur des anneaux"!) pour orienter la future stratégie américaine. Pour ma part les concepts de "pertes collatérales" voire "dégâts collatéraux" m'ont toujours plongé dans des abîmes de perplexité. L'idée de responsabilité est martelée d'un bout à l'autre de la chanson "We Are The World" et, en dehors de l'ironie évidente, c'est cela qui m'a intéressé ici.
vendredi 5 octobre 2012
NORD SUD - "Au fumoir" 2 (suite post 16/07/12)
Seconde VARIATION autour du texte GAMMES paru dans DISSONANCES n° 22.
Tonton Žižek a beau faire de Wagner un émancipateur, quasi-marxiste (Marx, persiflait Jean Genet, écrivait avec sous les fesses un petit coussin de soie rose), au fumoir après son départ la vraie logique des hommes des vrais reprend ses droits, que berce la gaucherie du voisin piano. Le nouvel ami du peuple, initiales JFK, se fait impromptu l’avocat du troussage de domestique. Pas l’avocat, non :
« Qu’il y ait un troussage de domestique, bon je veux dire, ça n’est pas bien… »
Le Français est né malin, il n’est pas né poète. Et qu’il les fausse, les ouvre, les escarte, et passe par le mitan, et fait halte après, et se retire froidement… Contexte tordu, mais si peu ― un récit de bataille. Le Français poufendeur du politiquement correct. Jamais las de roucouler, ou braire, qu’était monté comme un âne le bon roi Henri IV.
{IMAGE} Portrait présumé de Gabrielle d’Estrées et de sa sœur la duchesse de Villars {idem} école de Fontainebleau, Musée du Louvre, Paris.
Ayant déclaré sur la BBC que « L’adoption en Angleterre de certains aspects de la loi islamique est inévitable », Lord Nicholas Addison Phillips of Worth Matravers, alors chef de la magistrature sous le gouvernement de Gordon Brown, s’est empressé d’ajouter qu’il n’était « pas question » de condamnation à des châtiments corporels comme le fouet et la lapidation.
(Ce qu’on eut coutume d’appeler, en d’autres temps, l’éducation anglaise.)
AU FUMOIR J’EN DEMEURE INTERDIT. Mais aussi fasciné car je n’aime rien tant que la langue de bois des golfeurs vernis de St-Andrews, sculptés en bas relief. Remodelés en ronde-bosse j’aurais pu enfant les incorporer à mes petites armées, si j’avais su ceci : la paix se gagne sur le green, où sont gommées toutes nuances et différences ― Dubaï Expands Sports Luxury with Tiger Woods Golf Course!― qui ne concernent, après tout, que le monde extérieur
=
Les pauvres ou presque pauvres qui s’en vont brûler les maisons d’autres couillons au nom de Dieu sait quel principe ― puisqu’on vous dit que Dieu le sait, ça devrait suffire ?
« J’ai lu, je ne sais dans quel auteur, que les Turcs sont si jaloux de la virginité de leurs femmes, que s’ils n’en ont pas des preuves évidentes, ils la renvoient à ses parents le lendemain du mariage. Ils croient de même que la femme n’est point vierge, lorsque la défaite n’est point sanglante », commente, pensif, M. l’abbé Chappe d’Auteroche.
Puis le bon abbé mon compatriote d’entreprendre un compte-rendu circonstancié de la tradition russo-sibérienne : on montre pendant le concert à tous les convives, les marques de la virginité de la mariée, et pendant plusieurs jours on transporte la cassette [contenant le linge ensanglanté] chez tous les voisins. Après que l’assemblée a été convaincue de la virginité de la mariée, elle danse quelques minutes avec son mari, et l’on se met promptement à table, où la plupart des hommes s’enivrent pour l’ordinaire.
Ce qui manque à ce tableau ce sont, bien sûr, des bergères autres qu’en porcelaine, Papageno et son sifflet, l’occasionnel tzigane et des bouseux au pied agile. La chanson demeure la même.
{IMAGE} The Wedding Dance {français : La Danse de la mariée en plein air} Pieter Bruegel…, DIA, Detroit.
{IMAGE} Der Bauerntanz {français : Danse des paysans} Pieter Bruegel…, Kunsthistorishes Museum, Vienne.
Lever de rideau :
Le kitch de village c’est la station de correspondance entre l’être et l’oubli.
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